- Tourisme durable
- Yahya Mubaideen

L’incroyable réserve marine d’Aqaba
La réserve marine d’Aqaba, en Jordanie, a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, au titre des critères naturels de l’UNESCO, en reconnaissance de ses processus écologiques exceptionnels, de sa riche biodiversité marine et de son rôle dans la préservation d’espèces et d’écosystèmes marins menacés.
Elle abrite plus de 150 espèces de coraux durs, plus de 500 espèces de poissons, environ 1 000 espèces de mollusques et de nombreuses espèces marines endémiques, rares et menacées. Ses récifs coralliens comptent aussi parmi les plus résistants à la chaleur au monde, ce qui souligne l’importance mondiale de l’écosystème marin du golfe d’Aqaba ; cette reconnaissance renforce la place de la Jordanie sur la carte mondiale de la protection du patrimoine naturel.
« Elle place la Jordanie au cœur de l’un des grands défis mondiaux du XXIe siècle : le changement climatique. Alors que les récifs du monde entier subissent des épisodes de blanchissement sans précédent dus à la hausse des températures et à l’acidification des océans, les coraux du nord de la mer Rouge ont montré une capacité extraordinaire à résister au stress environnemental. Les scientifiques considèrent de plus en plus les récifs d’Aqaba comme l’un des écosystèmes coralliens les plus résilients au climat sur Terre, une source précieuse d’enseignements pour l’avenir des récifs tropicaux. »
Dans les eaux claires de la mer Rouge
On devine facilement sa silhouette rocheuse. Le récif corallien du golfe d’Aqaba offre une magnifique palette de bleus et de rouges qui ravit les amoureux de la vie sous-marine. Si vous êtes à Aqaba pour plonger, vous découvrirez une diversité marine extraordinaire ! Malgré la taille relativement modeste du golfe d’Aqaba, plus de 13 des 27 km de côte sont occupés par des récifs frangeants et des platiers pouvant atteindre 150 m de large.
On peut aussi observer de plus grandes espèces, comme les raies et les napoléons. Les requins et les dauphins sont plus rares, car ils ne s’approchent de la côte que pour se nourrir ; les plus jeunes aiment nager près de la surface, dans les eaux chaudes. Avec un peu de chance, vous en verrez peut-être un !
Seiches, calmars et poulpes sont bien présents, surtout la nuit.
Plonger au cœur de cet écosystème est vraiment génial, d’autant qu’il est facilement accessible depuis la côte. Il arrive de partager un moment avec une énorme tortue verte venue brouter les algues : un moment fort pour tout plongeur.
Comme vous le savez peut-être, la mer Rouge est réputée dans le monde entier comme un paradis pour les plongeurs, regorgeant de vie marine. Et malgré la petite taille du golfe d’Aqaba, en snorkeling ou en plongée, vous profiterez d’une diversité marine extraordinaire, qui fait d’Aqaba un havre naturel pour la plongée, le snorkeling et l’exploration scientifique.
Les épaves, tout un écosystème sous-marin
Couler des navires est une pratique courante dans le monde, car les épaves sont des lieux privilégiés pour le développement des coraux. Selon les conditions, l’orientation et le matériau, le type de corail varie : sur le pont, on trouve surtout des coraux mous, tandis que sur les structures en acier se forment des algues calcaires qui servent de base aux coraux. Ainsi, au fil des années, un récif apparaît et offre un nouvel habitat à la vie marine. L’épave du Cedar Pride compte plus de 20 ans de croissance corallienne, notamment sur son pont, où les coraux mous se développent de façon fantastique.
L’un des sites de plongée les plus célèbres de Jordanie est l’épave du Cedar Pride dans le golfe d’Aqaba. C’est l’une des rares épaves facilement accessibles depuis la côte, si bien que la plupart des plongeurs de passage à Aqaba viennent l’explorer. Entre 16 et 27 m de profondeur, elle convient aussi aux plongeurs Open Water accompagnés d’un Dive Master.
Le Cedar Pride a été volontairement coulé pour les plongeurs en 1985. Mais avant de devenir la plus célèbre attraction sous-marine de Jordanie, c’était un fier cargo espagnol de 74 mètres et 1 161 tonnes, construit à Gijón, en Espagne. Il reçut son dernier nom lorsqu’il fut racheté par la compagnie maritime libanaise Cedar Pride.
En août 1982, lorsque le navire arriva au port jordanien d’Aqaba, personne ne savait que ce serait son dernier voyage. Alors qu’il était au mouillage, un incendie se propagea rapidement dans la salle des machines et les quartiers de l’équipage. Deux membres d’équipage perdirent la vie, et les dégâts empêchèrent le navire de reprendre la mer.
Personne n’ayant accepté la responsabilité de sa réparation, il resta à flot pendant trois ans, inutile et abandonné. Jusqu’à ce que le Roi de Jordanie, lui-même plongeur passionné, s’intéresse au navire : sa coque étant intacte, il décida de le couler pour créer une attraction pour les plongeurs et un refuge pour la biodiversité marine.
Le récif du golfe d’Aqaba, essentiel à la biodiversité marine
Le récif corallien du golfe d’Aqaba joue un rôle majeur dans le maintien d’une grande biodiversité et fournit des services écosystémiques essentiels : habitat pour la pêche, protection du littoral et tourisme. Le rivage abrite en outre un ancien récif où l’on a recensé plus de 151 espèces de coraux bâtisseurs et plus de 120 espèces de coraux mous.
Malheureusement, partout dans le monde, les coraux ont été fortement touchés par le réchauffement climatique, comme la Grande Barrière de corail en Australie, qui blanchit, abandonnée par les algues nécessaires à sa survie. Les scientifiques estiment que plus de la moitié de ces sites ont disparu en quelques années. Menacées partout, certaines espèces ont trouvé dans la mer Rouge un refuge désormais unique : ici les récifs sont vigoureux, alors qu’ailleurs ils sont devenus vulnérables.
« Une résistance exceptionnelle ; Après avoir constaté que les coraux de la mer Rouge résistaient étonnamment bien à la hausse des températures mondiales, les scientifiques tentent de percer le mystère de cette résilience inhabituelle. La théorie principale suppose qu’ils ont longtemps vécu dans le sud de la mer Rouge, dans les eaux les plus chaudes de la planète, avant de migrer vers les eaux plus tempérées du nord. Leur patrimoine génétique aurait gardé la mémoire de cet environnement. »
Un solide récif frangeant devenu un refuge pour la vie marine !
Le littoral jordanien est considéré comme l’un des écosystèmes naturels les plus dynamiques et variés, avec environ 500 espèces de poissons : un habitat riche et d’une grande diversité.
Tout plongeur passionné peut explorer le Cedar Pride, et se faufiler dans ses compartiments est une expérience palpitante. Voir son immense silhouette grandir à mesure que l’on s’approche, traversée de rayons de soleil qui se perdent dans l’obscurité des profondeurs, c’est comme découvrir Petra pour la première fois.
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